Un virage à gauche avec le RSA?
Un virage à gauche avec le rsa?
Le revenu de solidarité active (RSA) mis au point par Martin Hirsh, haut commissaire aux solidarités actives, et salué par Nicolas Sarkozy comme une grande opération de justice sociale, sera mis en oeuvre dès le 1er janvier 2009.
Il est censé corriger une anomalie, abaisser le taux de chômage et faire reculer la pauvreté.
Les Rmistes retrouvant actuellement un emploi, perdant de ce fait la plupart des allocations qui leur sont versées, n’augmentent pas ou fort peu leurs ressources. Aussi, ne sont-ils guère enclins à rechercher du travail.
Le RSA devant apporter aux Rmistes qui retrouveront un emploi un réel complément de revenus est censé corriger cette anomalie, constituer une incitation au retour à l’emploi et accélérer une marche vers le plein emploi.
Le RSA devant être financé, aux dires du pouvoir en place, par un impôt sur le capital appelé de la sorte à venir en aide aux plus démunis, devons nous considérer que l’actuel pouvoir opère là un virage à gauche et applaudir des deux mains à une généreuse et juste initiative ?
Si les objectifs assignés au RSA sont très louables, la façon dont il est conçu nous invite, en fait, à la plus grande réserve. Il présente, en effet, des aspects très contestables voire inacceptables.
Ce qui fait d’abord et grandement problème, c’est le mode de financement du RSA. Les ressources nécessaires à sa mise en oeuvre seront dégagées par une surtaxe de 1,1% applicable aux revenus du patrimoine et à ceux de divers placements dont l’assurance vie. Le taux de cet impôt étant homogène frappera fort injustement à la même hauteur les petits épargnants et ceux, moins nombreux, dont l’épargne est beaucoup plus substantielle.
Au total, cet impôt prétendument présenté comme un impôt sur le capital est, en fait, un impôt sur les épargnants, sur les classes moyennes, et nullement un impôt sur le capital qui reste protégé par les dispositions du paquet fiscal et notamment par le bouclier fiscal dont le seuil d’imposition maximale a été abaissé de 60 à 50% au profit du grand capital et des nantis.
De plus, s’il peut être judicieux de prendre des mesures incitatives à un retour à l’emploi, encore faudrait-il pour que ces dernières soient véritablement opérantes, qu’il existe, en conséquence, sur le marché du travail des offres d’emploi en nombre suffisant.
Or, dans le contexte de recession économique dont l’actuel pouvoir est largement responsable, le chômage tend à s’aggraver et les offres d’emploi ne sont pas légion.
Une bonne partie des Rmistes, quelle que soit leur bonne volonté, ne parviendront pas à retrouver un emploi et se verront privés du complément de ressources attaché au RSA.
Enfin, le montant des ressources budgétaires dégagés par le mode de financement du RSA ne dépassera pas 1,5 milliard d’Euros. Autrement dit, Les Rmistes qui auront la chance de renouer avec le travail verront, certes, leurs revenus augmenter de façon non négligeable mais pour autant il leur faudra encore compter pour boucler leur fins de mois.
Au total, on est fondé, me semble-t-il, à estimer que le RSA n’est pas une panacée, qu’il comporte trop d’aspects négatifs, qu’il participe, au moins pour une part, d’un fallacieux effet d’annonce.
Qu’on me comprenne bien:
S’il n’était d’autres solutions pour résoudre le problème du chômage et de la pauvreté, je tiendrais pour légitime que les épargnants soient appelés, par solidarité, à contribuer au dégagement de ressources propres à porter aide aux plus démunis.
Mais en fait, il existe d’autres moyens, beaucoup plus efficaces, pour parvenir à ces fins.
Le chômage ne pourra être vaincu, la pauvreté ne pourra reculer que si l’on modifie l’actuel mode de répartition des richesses produites dans un sens plus favorable au monde du travail, moins scandaleusement généreux pour le capital, que si l’on révise également le système fiscal en vigueur.
Il faut, par des mesures vigoureusement incitatives voire répressives, exhorter le patronat et plus particulièrement le grand patronat dont les profits ne cessent de grossir, à augmenter les salaires, à ne pas recourir aux délocalisations pour engranger des sur-profits.
Que l’Etat patron, à ce sujet, donne l’exemple et cesse de sous-rémunérer la plupart des ses personnels.
Par ailleurs, comment peut-on permettre, alors que tant de nos compatriotes vivent dans le gêne ou la pauvreté, que des notables de l’activité capitaliste perçoivent des stock-options faramineux, par surcroît défiscalisés.
Il faut, en outre, s’agissant de l’impôt sur les revenus ou de l’ISF, faire reposer notre système fiscal sur des bases plus progressives. Il convient non pas d’abaisser le nombre des tranches fiscales ou d’instituer un bouclier fiscal, mais au contraire d’abroger ce dernier et d’augmenter le nombre des tranches fiscales de telle sorte que les revenus situés dans les tranches fiscales supérieures soient plus fortemement imposés.
C’est ainsi, entre autres choses, que l’on pourra stimuler la croissance, envigorer notre économie, créer une prospérité unanimement et plus justement partagée.
Il serait cependant naïf de croire que l’actuel pouvoir peut conduire, sauf à renier sa nature, une politique sur de telles bases. Le RSA, sous des apparences généreuses, lorsqu’on en examine tous les aspects ne compromet pas l’engagement d’un Pouvoir qui se réclame du libéralisme et reste, en toutes circonstances, au service des puissances d’argent et des classes dorées. Le RSA, assurément, ne porte en rien la marque d’un virage à gauche.
Aussi bien, appartient-il à la Gauche et à l’ensemble des forces progressistes de notre pays d’en tirer toutes les conclusions et de préparer l’avènement d’un autre ordre politique et social.
Le revenu de solidarité active (RSA) mis au point par Martin Hirsh, haut commissaire aux solidarités actives, et salué par Nicolas Sarkozy comme une grande opération de justice sociale, sera mis en oeuvre dès le 1er janvier 2009.
Il est censé corriger une anomalie, abaisser le taux de chômage et faire reculer la pauvreté.
Les Rmistes retrouvant actuellement un emploi, perdant de ce fait la plupart des allocations qui leur sont versées, n’augmentent pas ou fort peu leurs ressources. Aussi, ne sont-ils guère enclins à rechercher du travail.
Le RSA devant apporter aux Rmistes qui retrouveront un emploi un réel complément de revenus est censé corriger cette anomalie, constituer une incitation au retour à l’emploi et accélérer une marche vers le plein emploi.
Le RSA devant être financé, aux dires du pouvoir en place, par un impôt sur le capital appelé de la sorte à venir en aide aux plus démunis, devons nous considérer que l’actuel pouvoir opère là un virage à gauche et applaudir des deux mains à une généreuse et juste initiative ?
Si les objectifs assignés au RSA sont très louables, la façon dont il est conçu nous invite, en fait, à la plus grande réserve. Il présente, en effet, des aspects très contestables voire inacceptables.
Ce qui fait d’abord et grandement problème, c’est le mode de financement du RSA. Les ressources nécessaires à sa mise en oeuvre seront dégagées par une surtaxe de 1,1% applicable aux revenus du patrimoine et à ceux de divers placements dont l’assurance vie. Le taux de cet impôt étant homogène frappera fort injustement à la même hauteur les petits épargnants et ceux, moins nombreux, dont l’épargne est beaucoup plus substantielle.
Au total, cet impôt prétendument présenté comme un impôt sur le capital est, en fait, un impôt sur les épargnants, sur les classes moyennes, et nullement un impôt sur le capital qui reste protégé par les dispositions du paquet fiscal et notamment par le bouclier fiscal dont le seuil d’imposition maximale a été abaissé de 60 à 50% au profit du grand capital et des nantis.
De plus, s’il peut être judicieux de prendre des mesures incitatives à un retour à l’emploi, encore faudrait-il pour que ces dernières soient véritablement opérantes, qu’il existe, en conséquence, sur le marché du travail des offres d’emploi en nombre suffisant.
Or, dans le contexte de recession économique dont l’actuel pouvoir est largement responsable, le chômage tend à s’aggraver et les offres d’emploi ne sont pas légion.
Une bonne partie des Rmistes, quelle que soit leur bonne volonté, ne parviendront pas à retrouver un emploi et se verront privés du complément de ressources attaché au RSA.
Enfin, le montant des ressources budgétaires dégagés par le mode de financement du RSA ne dépassera pas 1,5 milliard d’Euros. Autrement dit, Les Rmistes qui auront la chance de renouer avec le travail verront, certes, leurs revenus augmenter de façon non négligeable mais pour autant il leur faudra encore compter pour boucler leur fins de mois.
Au total, on est fondé, me semble-t-il, à estimer que le RSA n’est pas une panacée, qu’il comporte trop d’aspects négatifs, qu’il participe, au moins pour une part, d’un fallacieux effet d’annonce.
Qu’on me comprenne bien:
S’il n’était d’autres solutions pour résoudre le problème du chômage et de la pauvreté, je tiendrais pour légitime que les épargnants soient appelés, par solidarité, à contribuer au dégagement de ressources propres à porter aide aux plus démunis.
Mais en fait, il existe d’autres moyens, beaucoup plus efficaces, pour parvenir à ces fins.
Le chômage ne pourra être vaincu, la pauvreté ne pourra reculer que si l’on modifie l’actuel mode de répartition des richesses produites dans un sens plus favorable au monde du travail, moins scandaleusement généreux pour le capital, que si l’on révise également le système fiscal en vigueur.
Il faut, par des mesures vigoureusement incitatives voire répressives, exhorter le patronat et plus particulièrement le grand patronat dont les profits ne cessent de grossir, à augmenter les salaires, à ne pas recourir aux délocalisations pour engranger des sur-profits.
Que l’Etat patron, à ce sujet, donne l’exemple et cesse de sous-rémunérer la plupart des ses personnels.
Par ailleurs, comment peut-on permettre, alors que tant de nos compatriotes vivent dans le gêne ou la pauvreté, que des notables de l’activité capitaliste perçoivent des stock-options faramineux, par surcroît défiscalisés.
Il faut, en outre, s’agissant de l’impôt sur les revenus ou de l’ISF, faire reposer notre système fiscal sur des bases plus progressives. Il convient non pas d’abaisser le nombre des tranches fiscales ou d’instituer un bouclier fiscal, mais au contraire d’abroger ce dernier et d’augmenter le nombre des tranches fiscales de telle sorte que les revenus situés dans les tranches fiscales supérieures soient plus fortemement imposés.
C’est ainsi, entre autres choses, que l’on pourra stimuler la croissance, envigorer notre économie, créer une prospérité unanimement et plus justement partagée.
Il serait cependant naïf de croire que l’actuel pouvoir peut conduire, sauf à renier sa nature, une politique sur de telles bases. Le RSA, sous des apparences généreuses, lorsqu’on en examine tous les aspects ne compromet pas l’engagement d’un Pouvoir qui se réclame du libéralisme et reste, en toutes circonstances, au service des puissances d’argent et des classes dorées. Le RSA, assurément, ne porte en rien la marque d’un virage à gauche.
Aussi bien, appartient-il à la Gauche et à l’ensemble des forces progressistes de notre pays d’en tirer toutes les conclusions et de préparer l’avènement d’un autre ordre politique et social.


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